Sacrement de réconciliation

« Le Secteur pastoral du Mélusin a organisé le 12 décembre 2008 une soirée de réflexion et d’approfondissement sur le sacrement du pardon.

Au cours de cette soirée, Mgr Pascal Wintzer, à l'époque évêque auxiliaire de Poitiers, a tenu une conférence suivie d’un débat.

Voici le texte intégral de cette conférence. »

 

PENITENCE   ET  RECONCILIATION


1.   Le sacrement de pénitence et de réconciliation

 Quelques généralités

 Le mal est une réalité rencontrée par tout homme, et aussi présente dans toutes les religions. La particularité du judaïsme et du christianisme réside dans la conviction que c'est Dieu qui est libérateur, miséricordieux ; c'est lui qui combat le mal et délivre le pécheur de la culpabilité.

 Dans sa prédication, Jésus pose deux conditions à cette œuvre de libération :

 La pénitence, et son expression dans le sacrement du pardon, sont liées à la foi en Jésus-Christ, à la reconnaissance de la portée de son acte de salut : Jésus est mort et ressuscité pour que nous ayons la vie.

Plus précisément, la délivrance des péchés et le pardon sont des fruits de l'action de l'Esprit Saint, l'Esprit reçu par les Apôtres au soir de la résurrection en vue de la rémission des péchés :

Jean 20, 21-23 : « Jésus dit à ses Apôtres : ‘’La paix soit avec vous. Comme le Père m’a envoyé, à mon tour je vous envoie.’’ Ayant ainsi parlé, il souffla sur eux et leur dit : ‘’Recevez l’Esprit Saint. Ceux à qui vous remettrez les péchés, ils leur seront remis. Ceux à qui vous les retiendrez, il leur seront retenus.’’ »

Dans ce don et cette mission, Jésus institue la mission de l'Eglise, des apôtres et de leurs successeurs : ils doivent remettre les péchés.

  Les principales données scripturaires

 - Marc 2, 1-12 : la guérison du paralytique de Capharnaüm.

 - Matthieu 16, 13-20 : le pouvoir de lier et de délier confié à Pierre.

 - Matthieu 18, 15-18 : ce pouvoir est confié à toute l'Eglise.

 - Jean 20, 19-23 : le don de l'Esprit et rémission des péchés.

 Lorsque Jésus confie le pouvoir de "lier" et de "délier", il faut comprendre de manière juste le sens de ces verbes.

Dans l'interprétation courante, cela veut dire "retenir" et "remettre" ; or lier et délier ne sont pas les deux membres d'une alternative, ce sont les deux phases d'un seul et même acte, c'est-à-dire de la réaction de l'Eglise face aux péchés de ses membres : elle "lie" pour être à même de "délier".

En liant, l'Eglise "met au ban", ce qui ne veut pas dire qu'elle excommunie, mais qu'elle dévoile le péché, l'identifie, pour être à même d'en délivrer le pécheur.

Sans reconnaissance de son péché, sans identification du mal, comment reconnaître ce dont on attend d'être délivré ?

D'où la nécessité spirituelle qu'il y a toujours à connaître "son" péché, à dépasser la liste générale pour une vraie lucidité spirituelle.

Cette tâche est l'œuvre de l'Esprit Saint.

« Si tu connaissais tes péchés, tu perdrais cœur ; mais je te les révèle à mesure que je t'en délivre » Blaise Pascal, le Mystère de Jésus.

 Le pouvoir de lier et de délier s'entend sur la terre et dans le ciel.

En "liant sur terre", au plan public, c'est-à-dire sacramentel (public ne s'oppose pas ici à privé), l'Eglise rend officiellement saisissable la distance établie par la faute non seulement entre l'homme et Dieu, mais encore entre le Corps mystique et son membre pécheur.

Au moment où l'Eglise lui accorde sa paix à elle, elle lui fait don de la paix de Dieu. 

1. Quelques données théologiques et leurs fruits spirituels

 Face aux réformateurs, le concile de Trente réaffirme l'institution de ce sacrement et sa nécessité :

« Si tous les régénérés avaient assez de gratitude envers Dieu pour garder avec constance la justice qu’ils ont reçue au baptême par sa bienveillance et par sa grâce, il n’aurait pas été nécessaire d’instituer un sacrement distinct du baptême pour la rémission des péchés. Mais ‘’parce que Dieu est riche en miséricorde’’ (Ep 2, 4), ‘’sait de quoi nous sommes faits’’ (Ps 103, 14), il a aussi accordé un remède qui rend la vie pour ceux qui se sont livrés ensuite à l’esclavage du péché et au pouvoir du démon : par le sacrement de pénitence, le bienfait de la mort du Christ est appliqué à ceux qui sont tombés après le baptême » D.Z. 1668.

 Cependant, c'est bien sûr le baptême qui est don de grâce et rémission de tous les péchés.

Mais le Seigneur a institué principalement le sacrement de pénitence quand, ressuscité des morts, il souffla sur ses disciples en disant : « Recevez le Saint-Esprit; les péchés seront remis à ceux à qui vous les remettrez ; ils seront retenus à ceux à qui vous les retiendrez » (Jn 20, 22).

« Les Pères, d'un consentement unanime ont toujours compris que, par cette action insigne et ces paroles si claires, le pouvoir de remettre et de retenir les péchés, destiné à réconcilier les fidèles tombés après le baptême, a été communiqué aux apôtres et à leurs successeurs légitimes »  D.Z. 1670.

 Trente précise aussi la structure interne du sacrement en distinguant :

 Dans ce vocabulaire, Trente reprend les enseignements de saint Thomas d'Aquin. Pour celui-ci, le signe sacramentel est constitué :

 Or saint Thomas est attentif à définir l'absolution comme faisant partie du "tout" du signe sacramentel, mais elle en est l'élément déterminant, le sceau sans lequel les actes du pénitent sont dépourvus de sens.

Pour saint Thomas, qui reprend ses prédécesseurs, l'activité personnelle du pénitent contribue efficacement à la rémission des péchés, elle n'est pas qu'une seule condition extrinsèque.

La grâce n'est pas contenue dans la seule formule d'absolution. Dans l'œuvre du salut, le personnel et le sacramentel agissent ensemble. Le pénitent n'est pas passif, il célèbre activement, en même temps que le prêtre, le mystère du pardon.

 Mais ce que dit le concile de Trente de la "contrition" est trop exclusivement négatif : douleur de l'âme, détestation du péché commis et résolution de ne plus pécher à l'avenir. Trente ne souligne pas assez la dimension positive de l'amour de Dieu, de ce que l'Esprit Saint produit dans le cœur de l'homme : la confession est d'abord confession du salut et de la grâce.

 Trente distingue aussi l'attrition de la contrition (D.Z. 1677), et cela vient corriger les réserves qui viennent d'être formulées : la contrition parfaite se rapporte à l'amour pour Dieu qui aime et sauve, alors que l'attrition est surtout le fruit de la crainte du châtiment, voire de la honte ; cependant même cette contrition imparfaite ne coupe pas de la miséricorde de Dieu (cf. l'enfant prodigue).

 Quant aux fruits du sacrement, Trente les voit dans la réconciliation avec Dieu suivie chez les personnes pieuse, précise le concile, de la paix et de la tranquillité de la conscience, qu'accompagne une forte consolation spirituelle.  (F.C. 822).

 Enfin, parmi les éléments du signe sacramentel, il faut aussi situer la satisfaction, c'est-à-dire la "pénitence", en fait, toute une vie pénitente et convertie.

La liturgie du sacrement ne se termine pas à la sortie du confessionnal, elle doit s'exprimer dans la vie toute entière.

 

 2 . La dimension ecclésiale du péché et de la pénitence

 Vatican II a voulu comprendre et souligner que le sacrement a aussi une dimension ecclésiale :

Ceux qui s'approchent du sacrement de pénitence y reçoivent de la miséricorde de Dieu le pardon de l'offense qu'ils lui ont faite et, du même coup, ils sont réconciliés avec l'Eglise que leur péché a blessée et qui, par la charité, l'exemple et les prières, travaille à leur conversion. Cf. Lumen Gentium 11, 2.

Le fond du péché, c'est de contrarier la volonté de Dieu qui veut se communiquer toujours davantage à l'homme ; le péché, c'est de s'opposer à notre vocation qui est de recevoir la grâce, et de la recevoir de manière active.

Or, c'est comme membre de l'Eglise, cette Eglise dont il est devenu le membre vivant par son Initiation, que l'homme rencontre le Dieu Saint.

S'ouvrant ou non à l'œuvre en lui de la grâce, l'homme affecte d'une manière ou d'une autre sa relation à l'Eglise.

Par son existence, le chrétien proclame ou contredit son appartenance au peuple saint, embellit ou défigure ce Corps du Christ dont il est le membre.

Le chrétien reçoit la sainteté de l'Eglise (celle de l'Esprit), mais doit aussi communiquer à l'Eglise sa propre sainteté personnelle (cf. la "communion des saints").

Le « tibi soli peccavi » du psaume 50 ne peut être compris de manière individualiste, tout au moins dans l'économie chrétienne.

Le "seul" du Dieu offensé embrasse tout le Corps mystique du Christ, l'Eglise dans son ensemble.

C'est cet aspect ecclésiologique du péché qui permet de comprendre la discipline pénitentielle de l'Eglise ancienne : consciente d'être elle-même offensée par le péché, elle réagissait publiquement contre le pécheur.

 Même si cela concerne surtout les péchés graves, les péchés véniels contribuent aussi à affadir l'Eglise et sa vie.

De ce fait, superficialité, tiédeur, égoïsmes, esprit de chicane, défaut de prière et de pénitence, constituent aussi, à leur mesure, des offenses contre l'Eglise.

Ainsi, pour un chrétien, le désir authentique de voir disparaître le péché du sein de l'Eglise doit se traduire par la confession de ses propres défaillances.

 Il est vrai que celui qui commet un péché véniel ne se sépare pas de la vie intime de l'Eglise, mais il empêche le plein épanouissement de son principe vital ; il ne renonce pas à la charité mais il en néglige la perfection et la ferveur (cf. Ia IIae q.89 a.1). Pour saint Thomas, la charité est ici comprise comme le mouvement même de l'amour divin.

  


 2.   Pardonner pour être délivré du mal

 « Délivre-nous du mal » demandons-nous dans le Notre Père ; c’est aussi la demande qui est au cœur du sacrement du pardon. Mais quel est donc ce mal ?

« Nous choisissons de définir le mal non comme ce qui est mal mais comme ce qui fait mal.

En effet, nous ne disposons d’aucun critère pour définir le mal en soi ; il n’est pas rare que ‘’mal’’ et ‘’bien’’ deviennent des étiquettes interchangeables au gré des époques, des milieux, des modes de pensée, ses systèmes de croyance […]

Pour la créature humaine, est mal ce qui fait mal. Nul ne s’aurait s’ériger en juge du ‘’mal’’ de l’autre sans usurper la place de Dieu »  p. 93.

 Jusqu’à Job, on dit que le mal n’était apparu que comme une conséquence : c’est par sa faute que l’homme a perdu le paradis primitif d’un monde ignorant du mal. Avec Job, le mal apparaît comme déjà là, sans raison.

Or, dès le Genèse, le mal est présent, le serpent tente Adam et Eve.

En tout cas, nous voilà délivré de la faute comme seule source du mal, et de la culpabilité qui suit un tel diagnostic.

 Il ne faut pas identifier le mal à la faute. Lorsqu’il en est ainsi, il faut un coupable, et à défaut de Dieu, soit que l’on veut disculper du mal, soit que l’on a évacué du champ des possibles, seul l’homme est reconnu coupable de la faute, et par là se trouve enfermé dans la culpabilité. Le mal n’est pas la faute ; même si la faute exprime la part que l’homme prend au mal, le mal le déborde.

Le sacrement du pardon libère de cela : il nous fait entendre une parole d’amour de Dieu pour nous, alors que le sentiment de la faute nous croyait impossible une telle parole : le pardon distingue la faute du mal, brise l’identification entre soi et le mal, rend en capacité d’agir et de vivre.

Pour Jacques Pohier, la culpabilité est aussi une manière de contraindre l’autre à aimer. Ainsi de l’enfant qui opère une tentative de séduction et oblige celui ou celle à qui est faite la déclaration de culpabilité à exprimer son pardon, ainsi du fils prodigue qui veut contraindre son père à le reprendre chez lui (cf. p. 182).

 Nous avons certainement à nous libérer d’une image du paradis terrestre comme le lieu de l’absence du mal. Pour l’exégète von Rad, le récit de Genèse 2-3 « laisse entrevoir que le véritable sens de la vie paradisiaque est l’obéissance à Dieu, et non la jouissance e l’absence de tout mal » La Genèse, p. 79.

Genèse 1 voudra par la suite présenter une création « bonne et très bonne » contre le caractère pessimiste et dramatique des chapitres 2 et 3.

« Tout cela nous conduit  à adopter la grille de lecture suivante : le mystère de la vie et le mystère du mal sont contemporains. D’où la fusion des deux arbres, tous deux ‘’au centre du jardin’’ (l’arbre de Vie et l’arbre de la connaissance du Bien et du Mal). C’est ce mystère qui justifie le premier commandement donné à l’humanité : tu ne maîtriseras par le Bien et le Mal, tu renonceras à en connaître l’origine, la fin et la nature, sinon tu mettras en danger ta propre vie […]

Cependant, autant les commentateurs juifs que chrétiens n’ont cessé au cours des siècles de transgresser le premier commandement en prétendant connaître le Mal commis par Adam et Eve. On a mis le Mal dans la sexualité, ou dans l’orgueil, ou dans la femme […]

Ce faisant, on continue à manger du fruit défendu, en prétendant décider de ce qu’est le Bien et de ce qu’est le Mal. C’est exactement en cela que consiste la faute des premiers humains »  p. 205-206.

 Le texte de la Genèse ne donne alors aucune explication à l’origine du mal, le mal est déjà là, son origine reste un mystère complet.

« La transgression de l’interdit concernant le Bien et le Mal met avant tout autrui en danger : dès que l’on prétend connaître le Bien et le Mal, l’autre n’est plus autre mais il est réduit au Mal que l’on croit cerner et que l’on projette sur lui (Gn 3, 12). Ou encore, on impose à l’autre ce qu’on a décidé être le Bien, et il perd à la fois sa liberté et son altérité (Gn 3, 6) »  p. 221.

 « Si, en Gn 2-3, les récits de la création et du ‘’drame’’ sont intimement liés, c’est qu’ils disent la même impossibilité. La quête de l’origine du Mal est autant vouée à l’échec que la quête de l’origine de la vie – c’est pourquoi le Christ s’en abstiendra constamment (cf. Jn 9). Cela tient au fait que l’on ne peut connaître l’origine de la vie sans la tuer, et que l’on ne peut connaître le Mal sans en ‘’manger’’. Dès que l’on prétend mettre la main dessus, la vie s’échappe et le mal devient une abstraction et non plus ce qui fait mal »  p. 255.

On ne penser que ce qui est, pour cela, on faut du Bien et du Mal une abstraction. Or, le Bien le Mal ne sont pas, ils adviennent (Antoine Vergote).

 « Il n’est pas naturel de pardonner. Un pardon facile a toutes les chances de ne pas être authentique. Il faut ma morsure récurrente du souvenir du mal subi, pour que l’on s’aperçoive avec étonnement que l’on n’avait pas pardonné, ou pas totalement, pas ‘’de tout son cœur’’…

Imposer ou s’imposer la pardon, c’est s’imaginer que l’on peut avoir la fleur sans le terreau.

Nul ne peut pardonner sans creuser profond dans le terreau noir de son désespoir et de son refus de pardonner le mal subi. Si la fleur du pardon semble éclore miraculeusement un beau matin, il reste qu’une lente croissante a préludé à son éclosion »  p. 437.

 « Pardonner n’est pas oublier mais transfigurer le souvenir du mal. ‘’La mémoire du mal, c’est le nom qu’on donne en russe à la rancune’’ (Vladimir Jankélévitch, la Pardon, p. 29, note 1). Or l’un des préalables que nous décelons au pardon est une mémoire du mal qui ne soit pas rancune »  p. 441.

« La mémoire non rancunière du mal subi est possible si, et seulement si, l’humain offensé n’en fait plus l’expérience et qu’il accepte d’en intégrer le souvenir comme quelque chose d’humanisable : jamais il ne reniera son expérience, c’est bien dans un abîme qu’il a été plongé ; mais pour l’intégrer dans sa mémoire vivante, il ne peut faire autrement que de ramener le mal subi à l’échelle de sa propre humanité, donc de son existence relative.

Il lui faut humaniser, apprivoiser, assimiler ce qui lui est arrivé. Il y a dans ce processus un renoncement non au souvenir de l’expérience abyssale, mais à l’absolu du mal comme norme définitive de toute l’existence.

‘’Il y a une seule chose que Dieu lui-même ne sait pas faire (…) : faire que les choses n’aient jamais été faites’’  V. Jankélévitch, La mauvaise conscience, p. 82 »  p. 442.

 « Nul ne peut accéder à son pouvoir de pardonner en faisant l’économie de la révolte. C’est pourquoi tant de démarches de pardon se révèlent infructueuses. On ne dira jamais assez qu’il n’est pas naturel de pardonner : le Christ est venu parce que la morale naturelle interdit de pardonner. Il y a une irrationalité du pardon, par conséquent une immoralité du pardon »  p. 445.

« ‘’Nous pardonnons parce que nous n’avons aucun droit de juger ; et nous n’avons pas le droit de juger parce que nous n’avons aucun moyen de voir ce qu’il y a dans le cœur (…) Ce qu’il y a de fondamental dans l’enseignement de Jésus, c’est l’interdiction radicale et absolue de juger quiconque de quelque manière que ce soit’’ G. Soares-Prabhu […]

Le deuil de la toute-puissance du connaître est donc, d’emblée, traversé des promesses d’une vie relationnelle en devenir :

‘’Pardonner, c’est accepter ce qui est arrivé comme du passé, et non comme le dernier mot sur autrui ou sur soi’’  R. Studzinski »  p. 447-448.

 « Le pouvoir de pardonner s’enracine dans la liberté d’accepter ou non ce qui a été […]En acceptant ce qui a été (y compris l’impuissance totale devant le mal subi), on va pouvoir (re)trouver le maximum de liberté et accéder à une qualité de vie, une puissance de vie quasiment divines […]« Le pouvoir de pardonner s’enracine dans la liberté d’accepter ou non ce qui a été […]

En acceptant ce qui a été (y compris l’impuissance totale devant le mal subi), on va pouvoir (re)trouver le maximum de liberté et accéder à une qualité de vie, une puissance de vie quasiment divines […]

L’acceptation de la vie et du mal comme un tout indivisible, c’est le message de ‘’la résurrection à travers et avec la croix’’ »  p. 457-458.

 « Le pardon n’est pas ce qui efface le mal, ce qui élimine les séquelles. Il est encore d’un Autre ordre. Il garde le souvenir vivant du mal, mais transfiguré dans la lumière de cet Ailleurs qui l’englobe de son Sens inconnaissable […] Le pardon n’est pas l’oubli. Au contraire il permet à l’offensé de garder vivante la mémoire du mal subi, mais sans l’enfermer dedans. Une mémoire habitée, inclusive, une mémoire qui, en englobant l’offensant, ouvre la prison intérieure de l’offensé sur un Ailleurs qui les inclut tous »  p. 464.

 

Lytta BASSET, Le pardon originel, De l’abîme du mal au pouvoir de pardonner, Labor et Fides, 1994.